Le 10 mars, Daniel Costantini, ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball, président de la Commission « Grandes salles », a remis à Rama Yade, Secrétaire d’Etat chargée des Sports, le rapport de la Commission « Grandes Salles – ARENAS 2015 ». Sur près d’une centaine de pages, ce rapport (à télécharger ici) fait une analyse de la situation de notre pays en terme de « grandes salles », des salles pour accueillir des compétitions sportives et/ou des spectacles devant près de 10 000 personnes, et y apporte des solutions pour rattraper notre retard.
En effet, « Quand toute l’Europe se dote de grandes installations multifonctionnelles, notre pays n’a construit aucune grande salle pendant plus d’un quart de siècle, entre 1984 […] et 2010, date de l’inauguration attendue de la grande salle de Montpellier qui comptera 9 000 places en configuration sport. […] La France ne compte aujourd’hui aucune des 21 grandes salles de plus de 15 000 places pouvant accueillir en Europe des manifestations sportives. L’Allemagne et l’Espagne en dénombrent 4 chacune, l’Angleterre, la Grèce et la Belgique 2. Sept autres pays européens peuvent compter eux aussi sur une salle d’une telle jauge. »
Plus localement, seules les villes de Montpellier et de Toulouse disposent de salles de plus de 5 000 places pouvant accueillir spectacles et/ou compétitions sportives. Cet automne, Montpellier inaugurera une « Grande Salle » de 9 000 à 14 000 places selon que la configuration soit « sport » ou « spectacle », sa seconde avec le Zénith.
Je trouve désespérant que Perpignan et le département fassent partie des mauvais élèves. Alors que l’Etat envisage de débloquer près de 140 millions d’€uros pour financer la construction de grandes salles, mixtes de préférences, Perpignan se contente de rafistoler un Parc des Expositions vieillissant et inutilisable pour des spectacles ou des compétitions sportives nationales et internationales et s’en va construire un Théâtre très certainement surdimensionné et destiné à un public restreint, pour ne pas dire élitiste. Pour le prix d’un Théâtre de l’Archipel (32 millions d’€uros), avec en plus les aides de l’Etat (dans le cadre du plan « Arenas 2015 ») et de la Région notamment, nous pourrions avoir une salle moderne de pratiquement 10 000 places et recevoir de grands évènement populaires destinés à tous le monde !
C’est assez caractéristique de l’absence de volonté et d’ambitions raisonnables de nos politiques locaux. Je pourrai citer comme exemple la longue et douloureuse histoire des stades de Perpignan : alors que la raison voudrait que l’on construise un grand stade moderne de près de 22 000 places, accueillant les matchs des Dragons Catalans et de l’USAP ainsi que des évènements nationaux voir internationaux, on s’entête a agrandir en permanence de vieux stades mal situés, mal équipés et donc trop petits.
Le département des PO et Perpignan n’ont pas de clubs sportifs de haut niveau pour jouer dans cette grande salle ? Peut être que la politique sportive locale centrant tout sur le rugby en est la cause et avec un peu de volonté et de soutien nous pourrions être présent dans ces sports « de salle ». Montpellier et Barcelone ont déjà ces équipements, on ne peut pas en avoir nous aussi ? Il n’y a pas de fatalité à ce que Perpignan soit toujours la « banlieue de » : si nous voulons que notre ville et notre département se développent, nous devons réagir et être sur tous les bons coups ! Nous avons tout intérêt à avoir une telle salle car, en plus de pouvoir accueillir des concerts, des compétitions nationales et internationales et, lorsque l’on se décidera à positionner Perpignan dans le sport de haut niveau autre que dans le rugby, accueillir des matchs de nos clubs, c’est permettre de redonner une vie économique et sociale à notre département, par la création d’une nouvelle source de vitalité que le tourisme par exemple.
On ne peut plus continuer à se plaindre que Perpignan est laissée à l’abandon au profit de Montpellier, Barcelone et même Toulouse et ne rien faire pour sortir de notre anonymat et devenir une destination autre qu’uniquement touristique ! Si on n’est pas capable de décider entre nous de lancer un tel projet, imaginez alors comment on négocie l’implantation de nouvelles entreprises. Le développement de notre département ne se fera pas en restant passif !




